Ma demeure

Hé bien voilà!
Tu vois,elle n’est pas si lourde cette porte ouvragée.
Mon temple d’altitude est là.
J’y fais naître,parfois,quelques visions baroques à partager.
C’est sans danger.
N’aies pas peur.
Même s’il arrive qu’une horde de fauves noirs gravit,en balançant la croupe,les gradins de marbre émergeant des nuages.
Ce renard est câlin,regarde,il renifle et lèche,avide,ton cou.
Veux-tu plonger ta main dans la blancheur soyeuse de sa fourrure?
As-tu soif?
Alors fais couler dans ta gorge le goût franc du pamplemousse rose.
Tu sais,celui qui laisse sur tes doigts son bon parfum d’écorce.
Entends-tu l’orgue-dragon?
Son souffle puissant est si chaud!
Vois,la poussière bleue!
Elle danse la Salsa dans la lumière vibrante des vitraux.
Tu es en ma demeure et je te garde.
Allez viens!
Ici le temps s’affaisse.
Laisse aller le temps…